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Koudougou : des vendeurs de place devant de la barre
Education

Le lundi 25 novembre 2019, premier jour de semaine. Jour ordinaire mais jour spécial pour les acteurs de la lutte anti-corruption dans le secteur de l’éducation qui enregistrait un procès pédagogique. Sur le bureau du juge, un dossier ordinaire, mais pas comme les autres puisqu’il concerne une des faces noires du système éducatif burkinabè : la vente des places dans les établissements publics du pays. Avec les activités de sensibilisation menées par le Comité régional anti-corruption duc Centre-ouest (CRAC-CO), les citoyens de la région ont commencé de plus en plus à dénoncer les actes de corruption. C’est dans ce sens, que le CRAC-CO a été alerté par un citoyen de la présence d’une affiche au lycée municipal de Koudougou mettant en vente sur le marché des places dans des établissements publics tels que les lycées provincial et municipal, et le CEG de Koudougou. Dès les premiers mois de la rentrée scolaire 2018-2019, le CRAC a commencé à mener ses investigations. A la suite des résultats obtenus, le procureur du Faso près TGI de Koudougou a été saisi. Par les soins du celui-ci, des enquêtes plus poussées ont été entreprises par les agents du service régional de la police judiciaire (SRPJ). Ce 25 novembre, les mis en cause ont été appelés devant le juge pour répondre de leurs actes. Le cerveau du réseau n’est autre qu’un instituteur, qui a comme « agent commercial » un jeune dont la mission est de rechercher et rapporter les clients. Après avoir reçu les clients et enregistré les dossiers, le marché est conclu entre 30.000 F et 40.000 F. Une partie de la somme est donnée à l’agent commercial pour son « effort ». L’instituteur rentre ensuite en contact avec ses relais dans les lycées et collèges où une partie de l’argent est versée pour les « motiver ». Une fois le dossier enregistré dans l’établissement « boutique », le parent d’élève est prié de passer s’acquitter des frais de scolarité. La vente des places, une pratique avilissante, mais devenue le filon providentiel (une sorte de charbon fin) pour cet instituteur et sa bande afin d’« arrondir » leur fin de mois. Vivre au rétroviseur, pour emprunter le terme à Norbert Zongo. C’est-à-dire se donner l’illusion d’être dans la cour des grands. Des commerçants d’un type nouveau, dont l’objet du commerce n’est autre que le fruit de la sueur et du sang des contribuables pour l’éducation de leurs enfants : les places des collèges et lycées publics. Ce 25 novembre 2019, cet instituteur et son « agent commercial » ont été jugés, mais à travers eux ce sont tous ces vendeurs de places qui parsèment le pays qui l’ont été. Ils se recrutent parmi les enseignants, les directeurs, les proviseurs, les membres de bureaux APE, le personnel ATOS, etc. Tous ces individus qui se drapent d’un costume d’éducateurs mais pour qui la morale n’a aucune valeur et n’est bonne qu’à être exigée des autres. Ce procès très pédagogique devait être suivi par une grande majorité des acteurs de l’éducation, surtout ceux-là qui sont abonnés à cette sale pratique. Mais qu’à cela ne tienne, cet instituteur et ce directeur de CEG cité comme témoin, conteront leur histoire, leur mésaventure. Ils conteront à leurs pairs la conséquence de leurs actes : devoir s’expliquer devant le juge sur un acte indigne en étant celui-là même qui devait enseigner la dignité et le sens de l’honneur aux jeunes générations. En attendant le 23 décembre 2019 pour le délibéré, le procureur a demandé au tribunal de reconnaître l’instituteur et son « agent commercial » coupables et a requis une peine de 12 mois avec sursis et une amende de 500.000 F CFA pour le premier, et une peine de 06 mois avec sursis et une amende de 500.000 F CFA pour le second. Par ce procès, les vendeurs de places doivent comprendre désormais, que leurs actes peuvent les conduire devant le juge et mieux, les amener à méditer un temps sur leur sort derrière les barreaux. Appel est donc lancé à tout citoyen pour contribuer partout à l’assainissement de l’école burkinabè en dénonçant les vendeurs de places et autres raquetteurs. En rappel, pour dénoncer des cas de corruption, de fraude ou autres actes de rackets, etc., vous pouvez appeler au 80.00.11.22 (appel gratuit à partir du fixe ONATEL ou du mobile Telmob), ou écrire sur la plateforme www.veenem.bf. Vous pouvez également appeler le CRAC-CO au 63.99.37.76 Ensemble, disons non à la vente des places dans les établissements publics du Burkina Faso !

Date de publication :
02 - 12 - 2019, 10:42
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